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Aujourd'hui presque inhabités, les anciens ksours de Chinguetti, de Ouadane, de Oualata et de Tichitt, jadis étapes prospères sur les routes des grandes caravanes trans-sahariennes, sont inscrits par l'Unesco sur la liste du patrimoine culturel mondial. Outre d'importants vestiges almoravides (trésor d'Acharim, tombe de l'émir Abou Bakr Ben Omar), la région du Tagânt recèle dans ses madrasas de considérables collections d'anciens manuscrits religieux (XVe-XVIIe s.), que des conditions climatiques très favorables ont permis de conserver.
La poésie traditionnelle connaît diverses formes: le cheer en arabe classique, le legna en hassaniya. Le teebra est le genre poétique réservé aux femmes. Le legna et le cheer font l'objet d'une nedwa, sorte de réunion poétique, et sont chantés par les griots. Chez les Peuls, les thèmes abordés (pastoral, religieux, amoureux…) définissent les genres poétiques.
Très peu d'écrivains mauritaniens sont connus hors des frontières. Le plus ancien est Oumar Bâ (né en 1917) qui a étudié la culture des Peuls. Il a écrit, outre un roman (les Mystères du Bani, 1960), des poèmes en français et en langue peule: Poèmes peuls modernes (1966), Odes sahéliennes (1978). Assane Youssoufi Diallo a publié deux recueils de poèmes (la Marche du futur et Ley'am, 1967). Mohamed Baba Miské est l'auteur d'Al-Wâsît, Tableau de la Mauritanie au début du XXe siècle (1970). Téné Youssouf Gueye a abordé tous les genres: nouvelle (À l'orée du Sahel, 1975), drame historique (les Exilés du Gourmel, 1975), roman (Rellâ ou les Voies de l'honneur, 1983). De nouveaux romanciers sont apparus dans les années 1990: Moussa Ould Ebnou (Barzakh, 1994) et El Ghassem Ould Ahmedou (le
Dernier des nomades, 1994).
La musique maure traditionnelle se situe au carrefour de plusieurs influences. Ses accents plaintifs proviennent de l'Andalousie. Les tambourstbel, joués par les femmes, rythment les danses et les chants. Les hommes jouent du tidinit, petit luth à quatre cordes sans archet. Tahra Mint Hembara et Dimi Mint Abba, deux joueuses de l'ardin, sont, avec Khalifa Ould Eide, un joueur de tidinit, les artistes les plus connus du pays.
Le réalisateur Med Hondo, grande figure du cinéma africain, dénonce le racisme avec Soleil O (1970), qui obtint le Léopard d'or du festival de Locarno. Avec Bicots-Nègres, vos voisins (1973), il réalise une grande fresque sociale sur l'immigration. Il met ensuite en cause la traite des esclaves depuis le XVIIe siècle dans West Indies (1979). Sarraounia (1986) reconstitue l'épopée vécue par la reine des Aznas à partir des récits des griots. Auteur de Safrana ou le Droit à la parole, Sidney Sokhana est devenu lui aussi un cinéaste de renommée internationale.
(Source : Yahoo Encyclopédie)
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